Benchmark Tagaday : De marginale à incontournable : la santé mentale (des jeunes) change d’échelle
.png)
Longtemps reléguée au second plan, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un sujet structurant du débat public et médiatique. Elle a été érigée en Grande Cause nationale pour 2025 et 2026, marquant une volonté forte de sensibilisation et de mobilisation.
Si ce dispositif concerne l’ensemble de la population, la question des jeunes y occupe une place centrale. De nombreux rapports, études et prises de parole publiques mettent en lumière leur vulnérabilité, contribuant à faire de la santé mentale des jeunes un angle majeur du traitement médiatique, sans pour autant en constituer la cible exclusive.
Dans ce contexte, plusieurs enjeux émergent : quels sont les temps forts qui structurent la couverture médiatique des grandes causes nationales ? Comment évolue la visibilité d’une grande cause dans le temps ? Et dans quelle mesure les dispositifs institutionnels influencent-ils son exposition ?
À partir des données issues de notre plateforme de veille médias Tagaday, cette étude analyse dix années de couverture médiatique (2016 – 2025) autour de trois axes : la part de voix de la santé mentale des jeunes, la médiatisation du terme « Grande Cause nationale », et une analyse comparative des différentes grandes causes sur la période.
Ce que 10 ans de données révèlent sur le traitement de la santé mentale des jeunes dans les médias
Sur la période 2016 – 2025, la couverture médiatique de la santé mentale au globale connaît une progression continue, avec une nette accélération à partir de 2020 . Cette dynamique s’observe également pour la santé mentale des jeunes, dont la part de voix évolue de manière significative.
Entre 2016 et 2019, le sujet reste relativement stable, représentant une part minoritaire mais déjà installée. Cette première phase traduit une présence médiatique existante, encore peu structurée.

Un point d’inflexion apparaît en 2020, en lien avec la crise sanitaire de la Covid-19, qui entraîne une médiatisation accrue des enjeux de santé mentale. Cette dynamique s’intensifie fortement en 2021, constituant un temps fort majeur, dans le prolongement des confinements et de leurs effets sur les jeunes.
Après une phase de stabilisation en 2022, la couverture repart à la hausse dès 2023, avec une accélération marquée en 2024 et un niveau inédit atteint en 2025. Cette séquence s'explique par la montée en puissance des prises de parole institutionnelles et de préparation à la désignation en Grande Cause nationale.
(Re)découvrez notre étude de la rentrée dernière consacrée à la charge mentale : Du cadre scientifique au débat public : 50 ans de médiatisation de la charge mentale
“Grande cause nationale” : une visibilité médiatique sous l’effet des temps forts institutionnels
L’évolution du terme « Grande cause nationale » dans les médias entre 2016 et 2025 révèle une dynamique étroitement liée aux temps forts institutionnels.
Qu'est ce qu'une grande cause nationale?
La « Grande cause nationale » est un dispositif lancé par l’État français en 1977, destiné à valoriser chaque année une thématique d’intérêt général à travers une mobilisation institutionnelle et médiatique. Ce label vise à sensibiliser le public et à soutenir les initiatives associatives, tout en jouant un rôle structurant dans la visibilité médiatique des sujets concernés.
Dans ce cadre, l’analyse de sa présence médiatique permet d’en mesurer concrètement les effets sur la visibilité des thématiques mises en avant.
Après une phase stable entre 2016 et 2018, un recul s’observe en 2019 et s’accentue en 2020, année marquée à la fois par la crise sanitaire et par l’absence de désignation d’une grande cause nationale.

Un rebond s’opère en 2021, dans un contexte de reprise des prises de parole institutionnelles. Les années 2022 et 2023 traduisent ensuite une stabilisation du nombre de retombées médiatiques.
L'année 2024 marque un point de bascule, avec une hausse très marquée qui se prolonge en 2025 à un niveau record. Cette accélération témoigne d’un regain d’intérêt médiatique pour le dispositif, en particulier lorsqu’il s’appuie sur des thématiques en forte résonance avec les préoccupations sociétales.
D’une cause à l’autre : des résonances médiatiques très contrastées
L’analyse comparative des différentes grandes causes nationales sur la période 2016 – 2025 met en évidence des niveaux de médiatisation très contrastés selon les thématiques, révélant des dynamiques d’attention hétérogènes dans les médias.
Certaines causes s’inscrivent dans une médiatisation ponctuelle et peu amplifiée, à l’image des « comportements qui sauvent » en 2016 (1 148 retombées médiatiques) ou du « sauvetage en mer » en 2017 (549 mentions). Bien que relayées, ces thématiques génèrent une couverture principalement événementielle, avec une intensité médiatique limitée.

À l’inverse, la grande cause nationale « la lutte contre les violences faites aux femmes » de 2018 et 2019 se distingue par un niveau de médiatisation nettement plus élevé (plus de 3 000 occurrences). Cette forte visibilité reflète une mobilisation sociétale et médiatique d’ampleur, portée notamment par des mouvements internationaux majeurs comme #MeToo, ainsi que par une intensification des prises de parole publiques. Ces dynamiques contribuent à ancrer durablement le sujet dans l’agenda médiatique.
La grande cause nationale dédiée à « la lecture » (2021 – 2022) présente également une dynamique notable, avec plus de 3 200 retombées sur la période. Cette visibilité peut être mise en perspective avec les politiques de relance culturelle post-crise sanitaire, notamment le soutien au secteur du livre et le déploiement du Pass Culture, ainsi qu’avec les préoccupations croissantes autour des pratiques de lecture chez les jeunes.
En 2023, « le mentorat » connaît une médiatisation davantage ciblée (943 retombées), portée par des initiatives institutionnelles et associatives centrées sur l’insertion professionnelle des jeunes.
L’année 2024 marque un nouveau temps fort majeur avec la promotion de l’activité physique et sportive, qui enregistre une hausse très significative des retombées. Cette dynamique s’explique en grande partie par un environnement événementiel exceptionnel, notamment la tenue des Jeux Olympiques de Paris, qui a fortement contribué à amplifier la visibilité de cette thématique.
Enfin, l’année 2025 se distingue par un niveau inédit de médiatisation autour de la santé mentale, avec près de 10 000 retombées, soit le volume le plus élevé de l’ensemble des causes analysées. Cette forte résonance médiatique reflète à la fois une reconnaissance institutionnelle accrue et la persistance de préoccupations sociétales liées aux conséquences durables des crises récentes, en particulier chez les jeunes.
Méthodologie :
Etude réalisée sur la base de l’analyse de plus de 5 500 programmes d’information (diffusés par 410 chaînes et stations TV/radio pour une moyenne de 2 400 heures quotidiennes) et d’une sélection de 3 000 publications de presse écrite (titres de la presse imprimée et sites web éditoriaux).
Afin de garantir la fiabilité et la pertinence des résultats, l'analyse a porté exclusivement sur les contenus mentionnant explicitement les thématiques, sujets et mots-clés étudiés en association directe avec Les grandes causes nationales. Cette approche méthodologique permet une mesure précise et ciblée du niveau de médiatisation de chaque sujet. Seules les occurrences des mots-clés apparaissant dans le titre ou le chapeau des articles ont été prises en compte, afin de garantir la pertinence du texte médiatique. Les articles dans lesquels le mot-clé apparaissait au moins deux fois dans le corps du texte ont également été intégrés à l'analyse.
L'analyse a été réalisée avec le module "Analyser" de Tagaday qui permet d'aller au-delà du simple volume de retombées médiatiques pour explorer des KPIs clés tels que la répartition des retombées médiatiques par type de médias, la mesure de l'€-Pub ou encore l'impact.
Vous souhaitez en savoir plus sur les services Tagaday ? N’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis d’échanger avec vous.
Benchmark réalisé avec le module "Analyser" de Tagaday